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l'Ordre de Chalais
l'Abbaye de Valbonne
le village de Valbonne
Marti
 

En l'an 1199 Guillaume, de l'ordre monastique de Chalais, cheminait vers un vallon isolé entre "Riou Merlet et Brague", pour y implanter l'abbaye Sainte-Marie de Valbonne qui allait engendrer 320 ans plus tard, une "ville nouvelle" : le village de Valbonne.

HISTOIRE DE L'ABBAYE DE VALBONNE

L'abbaye de Valbonne est l'exemple parfait de l'art roman chalaisien, très proche de l'art primitif cistercien simplifié : chœur plat, nef unique, une seule chapelle aux bras des transepts. L'austérité de l'ordre se traduit par la vie communautaire des moines et des convers : pour se rendre aux offices ces derniers entrent par la porte des convers donnant directement du cloître dans l'église au niveau de la première travée de la nef ; leurs repas sont pris en commun ; leurs dortoirs respectifs sont desservis par un escalier extérieur commun. De petites dimensions en raison du nombre modeste des membres de la communauté - 15 à 30 maxi - on est frappé par le soin et la qualité du matériau utilisé pour la construction de l'église abbatiale : pierre de taille provenant du site proche de la "Baïsse", égalisée au ciseau et à l'aiguille, s'ajustant à mors vif presque sans mortier ; quant aux bâtiments conventuels qui prolongent le transept sud, ils sont construits très modestement en pierre de blocage tout venant et mortier de chaux moins coûteux . D'étroites fenêtres romanes en pierre de taille scandent la façade de l'étage.

Implantée au bord de la rivière "la Brague", dans un vallon isolé et boisé c'est une abbaye de plaine obéissant à la règle chalaisienne de solitude et de silence, mais répondant aux nécessités des chalaisiens à la fois bûcherons et pasteurs. Dans leur ensemble et leur configuration, les bâtiments conventuels sont bien conservés. Les travaux de restauration commencés depuis 1970 se poursuivent ; la reconstruction des voûtes ruinées du dortoir des moines se termine.

Les bâtiments sont groupés autour d'un petit cloître rectangulaire de 18m 30 de large sur 21m 50 de long. Le transept sud communiquait avec une sacristie au rez-de-chaussée, à laquelle faisait suite la salle capitulaire ; du passage des moines donnant dans les jardins on accédait à la salle de travail ou chauffoir (scriptorium).

A l'étage toute la longueur du bâtiment est occupée par le dortoir des moines et la salle des archives ou chambre de l'abbé qui jouxte le transept ; ouvrant sur un escalier de bois, une porte ménagée dans le mur de cette chambre permettait d'accéder directement dans l'église pour l'office de matines. Là encore l'existence du dortoir se rapproche tout à fait de la spiritualité cistercienne s'opposant aux cellules cartusiennes.

En retour dans l'aile opposée à la nef se trouvaient au rez-de-chaussée les communs, cuisine et réfectoire et à l'étage le dortoir des convers.

Dans l'angle sud est du cloître à l'étage deux portes d'angle donnant l'une sur le dortoir des moines, l'autre sur celui des convers ouvraient sur l'escalier extérieur vraisemblablement en bois, disposition connue dans les abbayes grandmontaines. Le troisième côté du cloître était fermé par une galerie ou plus probablement par un simple mur de clôture.

Le quatrième côté est formé par le mur de la nef. Entre la porte des convers et l'angle du croisillon où s'ouvrait la porte des moines on peut admirer un très bel armarium (bibliothèque) voûté en plein cintre, à double ouverture rectangulaire sous un linteau droit, et deux faux tympans jumeaux en retrait.

Il ne reste aucun vestige du cloître ; l'existence de corbeaux atteste de son existence passée.

Entrons dans l'église.

On y pénètre par son portail roman à trois voussures en plein cintre, surmonté d'un faux tympan en retrait, primitivement en pierre ; trois colonnes de part et d'autre surmontées de chapiteaux monolithes ornés d'une tête humaine archaïque et d'éléments pouvant évoquer des cornes de bélier, soutiennent l'ensemble. Hélas au-dessus du portail deux fausses fenêtres géminées ont remplacé au 20e siècle l'oculus roman.

Une profonde sérénité se dégage dès l'entrée : bel appareillage de pierres finement jointoyées, croix latine orientée plein est, chœur plat, deux chapelles latérales au bras du faux transept de même hauteur que la nef, voûte en berceau très légèrement brisé renforcée de doubleaux reposant simplement sur un cordon de pierres délimitant quatre travées.
A l'aplomb de la quatrième travée, dans la nef s'ouvre la porte des frères convers. Le sol en très légère pente conduit vers le chœur en signe d'humilité. Simplicité, austérité : aucune sculpture ne distrait l'œil ; douze croix de consécration en relief sur les murs ajoutent à la spiritualité du lieu.

Le chœur large de 5,60 m, profond de 6,50 m éclairé par deux fenêtres romanes et une ouverture en forme de croix grecque entre lesquelles s'intercalent trois croix de consécration, est saisissant. Distant des trois murs de 2,10 m, l'autel de pierre est celui même des Chalaisiens, enserrant sur sa table sa relique inviolée ! Il a été découvert sous l'autel baroque déplacé après le concile Vatican II. Dans le mur sud, le siège de l'officiant et l'ancienne porte des morts qui donnait accès au cimetière de l'abbaye. Dans le mur opposé est ménagée l'armoire eucharistique.

Dans la voûte au départ de la nef on peut voir le passage des cordes actionnant la cloche (le petit clocher chalaisien a disparu et a été remplacé en façade en 1834 par une tour clocher).

Dans le bras nord du transept, on peut admirer l'autel baroque à baldaquin (classé Monument Historique) et dans le bras sud le magnifique autel daté de 1643 encadrant un tableau de Notre Dame du Rosaire (classé M.H lui aussi) qui occulte la porte d'accès à l'ancienne sacristie ; à gauche de cet autel on distingue, surélevée, la porte d'accès à la chambre de l'abbé et au dortoir des moines qui permettait à ceux-ci grâce à un escalier de bois, d'accéder à l'église pour les offices de nuit. De jour, ils pénétraient dans l'église par la porte des moines ouvrant sur le cloître, dissimulée aujourd'hui par un confessionnal, mais très visible de l'extérieur.

Malheureusement les fenêtres romanes de la nef côté sud ont été agrandies au 19e siècle et une chapelle de pénitents blancs du 17e siècle s'appuie sur le mur nord sur lequel les fenêtres ont été murées.

(c) Abbyvalb - Les Amis de l'Abbaye et du Patrimoine Valbonnais - 2006